Le tour du monde en bateau

Le tour du monde en bateau

Explorez l'histoire des marins et leurs bateaux dans les courses autour du monde, des premiers records aux compétitions actuelles. Découvrez les héros et les défis de cette quête.

Le tour du monde en bateau

Le tour du monde à la voile a toujours fasciné les marins, symbolisant un défi ultime d'endurance et de compétence. Depuis les premiers explorateurs jusqu'aux compétitions modernes, cette quête perpétue l'esprit d'aventure et de dépassement de soi. Cet article explore les raisons qui poussent les marins à entreprendre cette entreprise, les bateaux qu'ils utilisent, leurs records et les principales courses autour du monde.

L'envie de faire le tour du monde en bateau à travers l'histoire

Les premiers explorateurs et la quête de nouveaux horizons

L'histoire du tour du monde à la voile débute avec les grands explorateurs des XVème et XVIème siècles. Ces marins, souvent mandatés par des couronnes européennes, cherchaient à ouvrir de nouvelles routes commerciales et à découvrir des terres inconnues.

Fernand de Magellan est l'un des premiers à tenter ce défi. En 1519, il quitte l'Espagne avec cinq navires et environ 270 hommes. Son objectif est de trouver une route vers les îles aux épices (les Moluques) en passant par l'ouest. En 1520, il découvre le détroit qui porte son nom, le détroit de Magellan, reliant l'Atlantique au Pacifique. Magellan est tué aux Philippines en 1521, mais son expédition, menée par Juan Sebastián Elcano après sa mort, parvient à retourner en Espagne en 1522. Seulement un navire, le Victoria, et 18 hommes achèvent ce périple, marquant ainsi le premier tour du monde en 1082 jours.

Francis Drake, corsaire et navigateur anglais, réalise un second tour du monde entre 1577 et 1580. À bord du Golden Hind, Drake suit une route similaire à celle de Magellan, mais avec des objectifs différents. Son voyage, motivé par la recherche de richesses et l'affaiblissement des intérêts espagnols, dure 1020 jours. Drake réussit à capturer des trésors considérables et à cartographier de nouvelles régions, consolidant ainsi les connaissances maritimes de l'époque.

Ces premiers tours du monde à la voile sont marqués par de grandes difficultés : conditions météorologiques extrêmes, manque de provisions, maladies, et conflits avec les populations locales. Cependant, ils permettent des avancées significatives en cartographie et navigation, jetant les bases de futures explorations maritimes.

Le succès de ces expéditions incite d'autres marins et nations à entreprendre des voyages similaires. Ces périples, initialement motivés par des intérêts commerciaux et politiques, évoluent progressivement pour devenir des défis techniques et sportifs. Les marins cherchent à repousser les limites de l'endurance humaine et des capacités des navires, ouvrant ainsi la voie aux compétitions modernes.

L'évolution des techniques de construction navale et des instruments de navigation au fil des siècles permet d'améliorer les performances des navires. La boussole, l'astrolabe, puis le sextant, ainsi que les cartes maritimes de plus en plus précises, jouent un rôle crucial dans ces explorations. Les navires, de plus en plus robustes et maniables, peuvent ainsi affronter les défis posés par les mers et les océans du globe.

L'évolution des motivations : du commerce à la compétition

Avec le temps, la motivation de faire le tour du monde en bateau a évolué. Ce qui a commencé comme une quête de nouvelles routes commerciales est devenu un défi sportif, avec des marins cherchant à repousser les limites de la vitesse et de l'endurance.

L'époque des routes commerciales

Aux XVème et XVIème siècles, les expéditions maritimes sont principalement motivées par la recherche de nouvelles routes commerciales. Les voyages de Magellan et Drake visent à trouver des passages vers les Indes et les îles aux épices. Le commerce des épices, très lucratif, pousse les marins à braver les dangers des mers inconnues. Le contrôle de ces routes assure la richesse et le pouvoir économique des nations européennes. Les navires de l'époque, comme les caravelles et les galions, sont conçus pour transporter des marchandises sur de longues distances, et les marins sont principalement des explorateurs et des commerçants.

La transition vers la compétition

Au XIXème siècle, les motivations commencent à changer. Joshua Slocum, en 1895, devient le premier à réaliser un tour du monde en solitaire. Son voyage, qui dure trois ans, marque un tournant. La performance individuelle et le défi personnel prennent de l'importance. Slocum, à bord du Spray, montre que le tour du monde peut être un exploit personnel, marquant le début d'une nouvelle ère de navigation.

L'émergence des courses de voile

Au XXème siècle, les courses de voile autour du monde se multiplient. La Golden Globe Race de 1968 est la première course à inciter les marins à faire le tour du monde sans escale et en solitaire. Cette compétition est célèbre pour ses conditions extrêmes et ses participants déterminés. Robin Knox-Johnston devient le premier à accomplir cette course en 313 jours.

Les courses modernes, comme le Vendée Globe, soulignent la nature sportive et technologique du défi. Créée en 1989, cette course sans escale autour du monde se déroule tous les quatre ans. Les marins, appelés "skippers", utilisent des monocoques de 18,28 mètres (IMOCA 60), conçus pour la vitesse et la durabilité. Lors de l'édition 2020-2021, Yannick Bestaven remporte la course en 80 jours, 3 heures et 44 minutes.

Innovations technologiques et records de vitesse

L'évolution des technologies maritimes joue un rôle crucial dans ces compétitions. Les bateaux modernes utilisent des matériaux composites légers et résistants, comme le carbone. Les systèmes de navigation par satellite et les prévisions météorologiques avancées permettent aux marins d'optimiser leurs trajectoires et de minimiser les risques.

Les records de vitesse continuent de tomber. En 2017, Francis Joyon et son équipage sur le trimaran IDEC SPORT établissent un nouveau record en accomplissant le tour du monde en 40 jours, 23 heures et 30 minutes. Les bateaux multicoques, comme les trimarans, sont particulièrement adaptés à ces records grâce à leur stabilité et leur vitesse élevée.

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Les marins et leurs bateaux : héros et innovations

Pionniers et leurs navires

Les premiers tours du monde en solitaire ont marqué des étapes importantes dans l'histoire de la navigation. Joshua Slocum, avec son tour du monde en 1895 à bord du Spray, est souvent cité comme le pionnier de cette entreprise. Slocum, un navigateur expérimenté, a transformé un vieux sloop de pêche en un voilier capable de traverser les océans.

Joshua Slocum quitte Boston en avril 1895 et met trois ans pour accomplir son tour du monde. Son voyage couvre plus de 74 000 kilomètres et traverse les océans Atlantique, Pacifique et Indien. Slocum navigue principalement seul, reliant les îles et les ports pour se ravitailler. Il utilise des techniques de navigation traditionnelles, comme le sextant, pour se repérer en mer.

Le Spray, son bateau, est un sloop de 11,2 mètres en bois. Construit initialement en 1801, il est restauré par Slocum pour cette expédition. Le bateau, robuste et maniable, devient une légende de la navigation. Slocum publie un livre, "Seul autour du monde", qui inspire de nombreux marins et popularise l'idée de la navigation en solitaire.

Un autre pionnier est Sir Francis Chichester, qui réalise un tour du monde en solitaire avec une seule escale en 1966-1967. À bord du Gipsy Moth IV, un ketch de 16,5 mètres, il accomplit son voyage en 226 jours. Chichester utilise des technologies plus modernes, comme les aides à la navigation radio, mais reste confronté aux défis classiques de la haute mer.

Le Gipsy Moth IV est conçu pour les courses au large, avec une coque en aluminium et un gréement robuste. Cette expédition renforce l'idée que la navigation en solitaire autour du monde est réalisable, non seulement comme un exploit personnel, mais aussi comme une compétition.

Ces pionniers ouvrent la voie à une nouvelle génération de navigateurs. Ils démontrent que les technologies navales et les compétences maritimes peuvent être adaptées pour des défis de plus en plus ambitieux. Leurs voyages influencent la conception des voiliers, en mettant l'accent sur la robustesse, la maniabilité et les capacités de navigation en solitaire.

Les innovations dans la construction navale, comme l'utilisation de matériaux composites, permettent de concevoir des bateaux plus légers et plus rapides. Les technologies de navigation évoluent également, avec l'introduction du GPS et des systèmes de communication par satellite, qui augmentent la sécurité et la précision des traversées.

Évolution des bateaux : des goélettes aux trimarans modernes

Les bateaux utilisés pour les tours du monde ont considérablement évolué au fil des siècles. Les goélettes et ketchs en bois du passé ont progressivement laissé place à des monocoques et des multicoques en matériaux composites, légers et résistants. Cette transformation a été marquée par plusieurs étapes clés dans l'histoire de la navigation.

Goélettes et ketchs en bois

Aux XVème et XVIème siècles, les navires en bois, tels que les caravelles et les galions, étaient les principaux types de bateaux utilisés pour les explorations maritimes. Ces bateaux étaient robustes mais lourds, limitant ainsi leur vitesse et leur maniabilité. Les goélettes, avec leurs deux mâts et leur gréement simple, et les ketchs, avec leur mât d'artimon situé à l'arrière, ont dominé les mers jusqu'au XIXème siècle.

Monocoques en acier et matériaux composites

Avec l'industrialisation et l'avènement de nouvelles technologies, les monocoques en acier font leur apparition. Plus résistants et moins sujets aux dommages que les navires en bois, ces bateaux permettent d'améliorer la vitesse et la sécurité. Par exemple, le Cutty Sark, un clipper en acier construit en 1869, est capable de traverser les océans à des vitesses impressionnantes pour l'époque.

Au XXème siècle, l'utilisation de matériaux composites comme la fibre de verre et le carbone révolutionne la construction navale. Ces matériaux sont à la fois légers et robustes, offrant une meilleure performance en termes de vitesse et de durabilité. Les monocoques modernes, comme ceux utilisés dans les courses du Vendée Globe, mesurent environ 18,28 mètres (60 pieds) et sont équipés de technologies avancées de navigation et de communication.

Trimarans et catamarans modernes

Les années 1980 voient l'essor des multicoques, trimarans et catamarans. Ces bateaux, conçus pour maximiser la vitesse et la stabilité, deviennent les favoris des marins cherchant à battre des records. Les trimarans, avec leurs trois coques, offrent une meilleure répartition de la surface de flottaison, réduisant ainsi la traînée et augmentant la vitesse. Les catamarans, avec leurs deux coques parallèles, offrent une stabilité exceptionnelle et une grande surface de pont.

Exemples concrets de bateaux modernes

Un exemple notable est le trimaran IDEC SPORT de Francis Joyon. Construit en matériaux composites, ce bateau mesure 31,5 mètres de long et 22,5 mètres de large. En 2017, Joyon et son équipage établissent un record du tour du monde en 40 jours, 23 heures et 30 minutes. Ce record illustre les capacités exceptionnelles des trimarans modernes en termes de vitesse et de performance.

Les bateaux modernes sont équipés de technologies avancées, comme les foils, qui permettent de soulever partiellement le bateau au-dessus de l'eau, réduisant ainsi la résistance hydrodynamique et augmentant la vitesse. Les systèmes de navigation par satellite, les pilotes automatiques sophistiqués et les systèmes de communication en temps réel permettent aux marins de naviguer avec une précision et une sécurité accrues.

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Records et exploits maritimes

Premiers records

Le premier record officiel du tour du monde en bateau en solitaire a été établi par Sir Francis Chichester en 1966-67. À bord du Gipsy Moth IV, un ketch de 16,5 mètres, Chichester a accompli son voyage en 226 jours. Il part de Plymouth, en Angleterre, le 27 août 1966, et navigue jusqu'à Sydney, en Australie, où il fait une escale pour réparations. Chichester reprend la mer et retourne à Plymouth le 28 mai 1967. Son exploit, marqué par des conditions météorologiques difficiles et des avaries de matériel, reste une référence pour les navigateurs en solitaire. Chichester utilise des techniques de navigation avancées pour l'époque, combinant un sextant traditionnel avec des aides à la navigation radio. Son record inspire la création de compétitions de voile en solitaire, comme la Golden Globe Race.

Records récents

Les records de vitesse pour le tour du monde à la voile continuent d'évoluer grâce aux avancées technologiques et à l'amélioration des bateaux. En 2017, Francis Joyon et son équipage établissent un nouveau record avec le trimaran IDEC SPORT. Ils accomplissent le tour du monde en 40 jours, 23 heures et 30 minutes, battant ainsi le précédent record de près de cinq jours.

IDEC SPORT, un trimaran de 31,5 mètres de long et 22,5 mètres de large, est construit en matériaux composites ultra-légers et résistants. Joyon et son équipage de cinq personnes quittent Brest, en France, le 16 décembre 2016, et retournent au même port le 25 janvier 2017. Leur parcours suit les grandes routes de navigation, contournant les caps de Bonne-Espérance, Leeuwin et Horn.

Les technologies modernes, comme les foils et les systèmes de navigation par satellite, jouent un rôle crucial dans ce succès. Les foils, appendices en forme d'aile, permettent de soulever le bateau au-dessus de l'eau, réduisant ainsi la traînée et augmentant la vitesse. IDEC SPORT atteint régulièrement des vitesses de 40 à 50 nœuds (74 à 92 km/h) grâce à ces innovations.

Les records de navigation ne sont pas limités aux tours du monde en équipage. En 2020, Alex Thomson tente de battre le record du Vendée Globe, une course en solitaire sans escale. Bien qu'il ne remporte pas la course, sa performance à bord de l'IMOCA Hugo Boss, un monocoque de 18,28 mètres équipé de foils, démontre les capacités des bateaux modernes.

Les records de vitesse pour le tour du monde à la voile sont également établis par des équipages réduits ou en solitaire. En 2005, Ellen MacArthur bat le record du tour du monde en solitaire en 71 jours, 14 heures et 18 minutes à bord du trimaran B&Q/Castorama. Son record tient jusqu'en 2016, lorsque Thomas Coville, à bord du trimaran Sodebo Ultim', réalise un tour du monde en solitaire en 49 jours, 3 heures et 7 minutes.

Les courses de bateaux autour du monde

Les courses emblématiques

Les courses de bateaux autour du monde sont des événements majeurs dans le monde de la voile. Elles mettent à l'épreuve les compétences des marins et la performance des bateaux. Voici trois des courses les plus emblématiques.

Vendée Globe

Le Vendée Globe est une course en solitaire sans escale qui se déroule tous les quatre ans. Créée en 1989 par Philippe Jeantot, cette course est souvent considérée comme l'une des plus difficiles. Les marins partent des Sables-d'Olonne, en France, et doivent parcourir environ 44 000 kilomètres en passant par les trois grands caps : Bonne-Espérance, Leeuwin et Horn. Les bateaux utilisés sont des monocoques IMOCA 60, mesurant 18,28 mètres de long. En 2020-2021, Yannick Bestaven remporte la course en 80 jours, 3 heures et 44 minutes. Le Vendée Globe est un test ultime d'endurance, de stratégie et de compétence technique.

Volvo Ocean Race

La Volvo Ocean Race, connue sous ce nom depuis 2001, est une course par étapes avec équipage, célèbre pour sa difficulté et sa durée. Créée en 1973 sous le nom de Whitbread Round the World Race, elle couvre environ 70 000 kilomètres. La course se déroule sur neuf mois et comporte plusieurs étapes à travers le monde, touchant des ports en Europe, en Amérique, en Asie, en Océanie et en Afrique. Les équipes naviguent sur des monocoques de classe VO65, conçus pour être robustes et performants dans toutes les conditions. La dernière édition, en 2017-2018, est remportée par l'équipe Dongfeng Race Team.

Golden Globe Race

La Golden Globe Race est une course en solitaire qui reproduit les conditions de la première course de 1968. Les marins doivent utiliser des bateaux similaires à ceux de l'époque, sans aide technologique moderne comme le GPS ou les pilotes automatiques sophistiqués. La course part de Les Sables-d'Olonne, en France, et suit un parcours de 48 000 kilomètres en passant par les trois grands caps. En 2018, pour le 50ème anniversaire de la première édition, Jean-Luc Van Den Heede remporte la course en 211 jours, naviguant à bord de son bateau Matmut, un Rustler 36. La Golden Globe Race met en avant la navigation traditionnelle et l'endurance pure.

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